Commissaire invitée
Emilie Ovaere-Corthay
les artistes :
Pierre Corthay
Dominique De Beir
Philippe Desloubières
Armelle de Sainte Marie
Gabrielle Wambaugh
Et
les Éditions We Do Not Work Alone
Avec la complicité du Frac Picardie/Haut de France et de l’atelier Michaël Woolworth
« L’organisation des merveilles“
Au cours de nos promenades et pérégrinations, chacun de nous ramasse, prélève, collecte là un caillou, ici ou là une branche ou une fleur, comme les traces d’un moment, un fragment de paysage qui, par accumulation, formeront le récit de nos souvenirs.
Réceptacles de nos mémoires, les étagères, les bibliothèques, les vitrines et autres rebords de fenêtres voient ainsi se côtoyer des objets merveilleux, plus ou moins précieux : galets, livres, coquillages, photographies et fleurs séchées. Un recueil de paradoxes qui devient au fil de nos vies, une chambre des
merveilles. Si ces gestes sont de l’ordre du quotidien, chez les artistes, cela revêt une source inépuisable d’inspiration, d’étonnement et d’émerveillement, un supplément d’art qui se tresse à la vie.
Au sein de La Tribonnière, les oeuvres des cinq artistes sont disséminées dans tous les espaces domestiques, de la cuisine aux chambres, du salon à la salle de bains jusqu’au jardin.
Chaque objet, chaque oeuvre, est pris dans une rumeur narrative, un récit aux multiples temporalités que chaque visiteur, chaque dormeur ou regardeur, pourra alimenter à sa guise.
Emilie Ovaere-Corthay
Commissaire de l’exposition
Les oeuvres sont exposées du 17 mai au 17 septembre 2026, à La Tribonnière, 33 rue du Maréchal Foch, 76260 Eu.
Pierre Corthay est un artiste français né à Montpellier en 1962. Il est titulaire d’un DNSEP des beaux-arts de Rouen, formation qui a contribué à façonner son approche singulière de la création. Son travail ne se limite ni à la peinture traditionnelle ni à la sculpture classique. Il crée des œuvres qui oscillent entre peinture sculptée et sculpture peinte, où les formes et les volumes prennent une place centrale. Les bords de ses pièces ne sont jamais rectilignes, définissant ainsi un territoire et une géographie propres à chaque œuvre. Le regard frontal, habituellement réservé au tableau, laisse place à une interrogation sur le volume et la matérialité de la peinture. Pierre Corthay utilise divers matériaux tels que le bois, le carton thermoformé, les métaux, l’acrylique et la feuille d’or. Ces supports et techniques variés participent à la richesse visuelle et tactile de ses créations. La couleur occupe une place essentielle dans son travail. Elle est perçue comme une vibration, un son avec des nuances subtiles, évoquant des demi-tons et des quarts de tons. Cette approche musicale de la couleur traduit une volonté de transmettre un mouvement, parfois doux, rugueux, léger ou terrien. L’artiste conçoit la couleur comme un élément soignant, presque un remède, qui agit sur le spectateur. À travers cette démarche, Pierre Corthay interroge la frontière entre peinture et sculpture, explorant les possibilités offertes par le volume et la couleur pour créer des œuvres à la fois visuelles et sensorielles
Dominique de Beir perfore le papier, le carton et le polystyrène. Délaissant le vocabulaire pictural (matière, médium et couleur) au profit de l’incertitude du geste et des marques qu’il laisse, elle s’attache à explorer les notions de griffure et de cicatrice, entre surface et profondeur, en interrogeant l’impact physique et le rythme. Poussant la perforation parfois jusqu’à la limite de résistance du matériau, elle joue sur une ambiguïté inhérente entre composition et destruction, opacité et transparence, stabilité et fragilité. Récemment, Dominique a perforé des plaques isolantes murales en polystyrène qu’elle traite ensuite à la cire et aux pigments – des œuvres poétiques qui s’apparentent à des peintures abstraites, mais qui transcendent les matériaux et les techniques traditionnels.
«Trouer pour crever les apparences et faire chanceler les images. C’est souvent à coups de maltraitance que la surface se dissout et acquiert toute sa vitalité : Il faut de l’émergence et du substrat.»
Dominique De Beir (née en 1964), diplômée de l’école des beaux-arts de Paris (1992), vit et travaille entre Paris et la picardie maritime.
Professeure à L’Esadhar de Rouen, elle est aussi co- fondatrice de la maison Friville éditions et fait partie du collectif la tangente depuis 2016. En 2018, elle est nommée au prix d’honneur AWARE. Son travail est représenté par la Galerie Réjane Louin (Locquirec),
Hopstreet Gallery (Bruxelles), Accompany Gallery (Busan). Dominique De Beir bénéficie depuis les années 90 de nombreuses expositions personnelles. Le cycle Accroc et caractère s’est déployé récemment sur 5 sites : la galerie galerie Jean Fournier, le musée des Beaux-Arts, Caen ; le centre d’art Les Tanneries, Amilly, la galerie Réjane Louin, le musée départemental de Saint-Riquier et le musée Fabre, Montpellier. En 2027, une exposition intitulée CASSSSH sera présentée à Labanque, Béthune.
Mes sculptures jonglent entre un univers artificiel, semblant issues du monde de la bande dessinée à un rapport au monde plus existentiel.
Elles touchent à l’identité, à l’espèce, au genre dans ce qu’ils ont de commun et de différent.
La forme naît d’abord sur le papier en deux dimensions de façon spontanée et intuitive, le volume ne prend corps qu’au moment de la fabrication et de l’élaboration de la sculpture.
La ligne courbe reste une des constantes dans l’évolution des formes, elle devient une sorte de fil souple mais tendu qui affirme des pleins, des vides mais aussi des frontières ondulées rompant l’espace.
Chaque sculpture est créée à la suite de l’autre, la réalisation de la première engage la forme de la suivante, comme des arrêts sur image dans l’ensemble d’un développement.
Armelle de Sainte Marie est née en 1968 à Versailles. Elle vit et travaille à Marseille depuis la fin des années 90.
Elle a été représentée par la Galerie Jean Fournier à Paris de 2019 à 2024 (date de la fermeture de la galerie), et l’est également par la Galerie Béa-Ba à Marseille depuis 2017
Armelle de Sainte Marie développe un univers coloré aux géographies ambigües et instables, tendues entre presque-figuration et abstraction, dans lesquelles les formes – empruntant aux règnes minéral, végétal ou animal – semblent engendrer elles-mêmes leurs propres péripéties vitales et fantasmagoriques. Son intérêt pour les phénomènes liés aux mutations trouve écho en la matière peinture elle-même, sujette à découvertes – sérendipité – transformations, et par là même inspiratrice de motifs.
«Je m’intéresse à la vitalité, à l’entropie, à la transmutation. Avec un travail souvent de superposition, recouvrement, étagement d’états dont les strates restent perceptibles. Un monde qui bruisse… Parfois je quitte ces « états » pour me concentrer sur un objet qui en serait issu en quelque sorte, et que je souhaite hybride, troublant dans l’apparence qu’il propose au regard et quant à la compréhension de sa nature ».
Gabrielle est sculptrice et dessinatrice, elle crée des sculptures en ricochets, suggérées ou recouvertes, de celles que l’on ne voit pas d’un premier regard et qui ouvrent à plusieurs interprétations. Elle aime souligner le caractère ambigu de la sculpture et explore les notions de périphérie, de norme, de genre et de représentation.
Les oeuvres de Gabrielle Wambaugh sont présentées en Europe et à l’international. Lauréate du prix Altadis en 2002, avec une première monographie publiée chez acte sud, elle remporte sa première commande publique en 2003 dans la ville de Daegu en Corée. En 2005 et 2006 Elle est invitée en résidence de recherche à la Manufacture Nationale de Sèvres, Cité de la céramique. En 2007-8, 2014, 2018 2021 et 2023 c’est au centre de céramique internationale EKWC qu’elle pousse ses recherches en grès et questionne les « fusions ». Lauréate du Norma Lipman Research Fellowship elle réside quelques années à Newcastle upon Tyne au Royaume-Uni et bénéficie d’une publication soutenue par the Arts Council of England. En 2024 lauréate aux Etats-Unis de la bourse Pigott Family Endowment . Le travail de Gabrielle Wambaugh a été présenté dans de nombreux musées, centres d’Art ainsi que des galeries privées en Europe, aux Etats-Unis en Corée et en Chine : Le Grand Hornu en Belgique, le Musée du capitole à Rome et au Musée International de la céramique de Faenza en Italie ainsi qu’au palais princier de Monaco. Elle a participé à Ceramix au Musée Bonnefanten de Maastricht au Pays-Bas, Musée de Sèvres et à la Maison rouge, Fondation Antoine de Galbert.
Artiste Commissaire
Les légendes dessinées de l’exposition « L’organisation des merveilles »